Prime à la conversion : en 2019, les épavistes ont du pain sur la planche

Les conditions plus restrictives de la prime à la conversion depuis le 1er janvier 2019 n’ont pas freiné le nombre de demandes. La saturation chez les épavistes pose problème : les délais de rendez-vous étant rallongés, tout comme la date de versement de la prime prévue par l’Etat.

La mesure avait été souhaitée dans le cadre de la transition énergétique. Depuis 2018, le gouvernement Philippe du Président Emmanuel Macron l’a même ouvert au plus grand nombre. La prime à la conversion, de 1.000 à 5.000 euros, autrement nommée la prime à la casse avait pour but d’inciter les propriétaires de vieilles voitures à renouveler leur parc avec un modèle plus récent, dans l’idéal hybride voire électrique. Mais en 2018, les conditions étaient-elles que seulement 5 % des modèles achetés possédaient une motorisation électrique.  Quoi qu’il en soit, la prime permettait de faire sortir de la route des diesels d’avant 2001 et des essences d’avant 1997 pour des véhicules achetés neufs ou en occasion possédant la vignette Crit’Air 1 ou fonctionnant au GPL, dans tous les cas, rejetant moins de 122 g de CO2 par kilomètre.

Une demande au-delà des attentes

Le sujet de la prime à la conversion est revenu au sein de l’actualité ces derniers jours, alors que le Ministre d’écologie François de Rugy informait au micro de RTL que 8.000 nouvelles demandes avaient lieu chaque semaine. L’augmentation du nombre de bénéficiaires de l’aide est vantée par le gouvernement face caméra, mais en coulisse, les difficultés ne se cachent plus.

Il faut dire qu’en 2018, la mesure visait les 100.000 bénéficiaires sur 12 mois, alors que finalement, « 300.000 foyers en ont bénéficié », indiquait le Ministre. En 2019, l’on s’attend à près de 400.000 conversions. Suffisant pour causer un problème pour le particulier souhaitant mettre sa voiture à la casse et en acheter une nouvelle : le temps d’attente pour recevoir la prime. En 2018, certains foyers s’étaient pleins d’un délai dépassant les 8 mois, alors que le gouvernement promettait au maximum 2 mois avant de toucher la somme évaluée à leur conversion. Au sein des concessions, les délais doivent souvent être supportés : en réalisant des avances sur la prime promise par l’Etat, certaines évaluent leur dette jusqu’à plus de 600.000 euros, à en croire une interview parue dans le 20 heures de France 2, du 15 novembre 2018.

Une difficile prise de rendez-vous auprès d’épavistes débordés

Pour les épavistes, le problème est le même : une saturation dans leur carnet de commandes qui leur ordonne de décliner la plupart des demandes des clients. Selon une enquête qu’avaient pu réaliser nos confrères et consœurs d’AutoPlus, sur 100 tentatives de prise de rendez-vous pour faire détruire son auto afin de toucher la superprime de conversion, 7 sur 10 centres VHU auraient été contraint de décliner la demande, faute de place. Une chasse au centre agréé pour les particuliers et les entreprises souhaitant changer leur véhicule, qui ne refusent plus de contacter un centre au-delà des 15 kilomètres de rayon leur permettant de ne pas payer le coût de l’enlèvement (après 15 kilomètres, l’enlèvement d’épave gratuit n’est plus accordé).

La solution, s’il n’en reste qu’une seule, est celle de multiplier les appels pour connaître les centres qui pourraient vous recevoir dans le mois. Pour cela, il existe notamment des répertoires en ligne vous permettant de trouver un épaviste agréé, classant chacune des adresses suivant votre région et votre département.

Quelle prime selon mon profil ?

Pour finir, voici un petit rappel des différents niveaux de prime accordés, afin que vous puissiez vous faire un avis de l’importance que celle-ci pourrait être selon votre profil. Pour commencer, le niveau variera si vous êtes imposable ou non. Si vous l’êtes, le niveau maximal de la prime sera de 2.500 euros. Si vous ne l’êtes pas, mais que vous parcourez moins de 30 kilomètres pour vous rendre au travail, celle-ci se plafonnera également à 2.500 euros. Mais si vous roulez plus de 30 kilomètres, alors la prime sera au maximum de 5.000 euros. Notez que les plafonds de prime concernent les modèles électriques et les hybrides rechargeables.